Introduction

Carte des principaux groupes hooligans

dans les Balkans

Italie-Serbie, ou comment ruiner un match

de football

Six minutes. C’est le temps qu’aura duré, mardi 12 octobre, le match qualificatif pour l’Euro 2012 entre les deux favoris du groupe C, l’Italie et la Serbie. Jets de fumigènes, pétards, slogans et saluts fascistes : le stade Luigi Ferraris à Gênes a été le théâtre de la violence des hooligans serbes. Dès leur entrée dans les tribunes, ces nationalistes conduits par Ivan Bogdanov ont joué la provocation. La forte présence de policiers casqués n’a pas réussi à les intimider.

Des supporters enragés

Le match a d’abord été retardé de 35 minutes suite au lancer d’un fumigène aux pieds du public italien. Après un moment d’apaisement, et malgré les appels au calme des joueurs serbes, les violences ont repris de plus belle. Les supporters enragés et encagoulés, installés sur deux étages, ont tenté de briser les clôtures entre les tribunes. Pour finir par brûler un drapeau albanais, en écho au conflit du Kosovo. Un peu plus tôt dans l’après-midi, les mêmes hooligans ont provoqué des bagarres dans les rues de Gênes. Ils ont ensuite attendu les joueurs serbes à la sortie de leur hôtel, et attaqué le gardien Vladimir Stojkovic, passé de l’Étoile rouge au Partizan Belgrade, deux clubs rivaux en Serbie. Intimidé, le joueur a renoncé à participer au match.

L’UEFA impose la défaite à la Serbie

A la sortie du stade, les affrontements se sont poursuivis entre les ultras serbes et les forces de l’ordre. Bilan : 16 blessés dont deux graves. Aux 17 hooligans arrêtés après le match, il faut ajouter les 19 autres interpellés à leur retour par les autorités serbes. Le 29 octobre, l’UEFA a rendu sa décision : elle accorde une victoire 3-0 sur tapis vert à l’Italie, et condamne la Serbie à jouer ses deux prochains matches à domicile à huis clos. L’Association de football de Serbie a l’interdiction de fournir des billets aux supporters serbes pour tous les matches suivants qui se joueront à l’extérieur. Elle doit s’acquitter d’une amende de 120 000 €, contre 100 000 € pour la Fédération italienne. Une sanction qui aurait pu aller jusqu’à l’exclusion de la compétition.

Yona Helaoua

Voici quelques images des affrontements :

Des questions restent en suspens

Selon la presse serbe, plus de 200 000 euros auraient été versés par des chefs de bandes criminelles à la soixantaine de hooligans pour « l’organisation, le voyage, les équipements et la provocation des désordres ». Leur but? Créer le chaos au sein de l’État serbe. Cette information relayée par de nombreux médias français, si elle est avérée, remet en question la nature de ces débordements. Trois types d’explication se superposent alors. La rivalité entre les clubs serbes s’ajoute au nationalisme qui s’exerce contre l’indépendance du Kosovo et contre la position italienne pendant la guerre des Balkans. Au-dessus de ces causes qui peuvent se relier au hooliganisme,  la théorie du complot contre l’État serbe, organisé par des groupes puissants et haut placés, semble bien plus dangereuse.

Le hooliganisme dans les Balkans depuis 1990

commentaires
  1. […] AccueilIntroductionPourquoi un blog sur le hooliganisme et les Balkans? […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s