La Bosnie-Herzégovine, symbole des divisions dans les Balkans

Publié: 21 octobre 2010 dans Perspective historique, Société

Alors que l’UE s’apprête à lever l’obligation de visas pour circuler dans l’espace Schengen pour l’Albanie et la Bosnie-Herzegovine, la région est encore soumise aux retombées des différentes guerres de Yougoslavie. Le pays incarne les tensions ethniques et religieuses des Balkans.

Affiche pour les élections à Mostar, en Herzégovine. (Photo Yona Helaoua)

Des élections générales avaient lieu en Bosnie-Herzégovine le 3 octobre dernier. Elles ont confirmé le SNSD (l’Union des sociaux-démocrates indépendants) comme parti majoritaire de Bosnie. Les Bosniaques ont reconduit le Croate, Zeljoko Komsic et le Serbe, Nebojsa Radmanic, à la présidence collégiale du pays. Le représentant des Musulmans de Bosnie, Haris Silajolzic, a quant à lui cédé sa place à Bakir Izetbegovic, le fils d’Alija Izetbegovic, ancienne figure de proue du nationalisme musulman.

Reliquat des accords de Dayton, signés en 1995 à l’issu de la guerre de Bosnie Herzégovine, cette présidence collégiale, avec les représentants de chaque grande ethnie du pays, avait pour but de former un pouvoir central fort.

Les représentants sont issus de la division de la Bosnie en deux entités, remarquables géographiquement : la Fédération de Bosnie Herzegovine (ou Fédération croato-musulmane) et la République des Serbes de Bosnie (ou République Srpska).

Crédit : "Le Monde Diplomatique"

Depuis 15 ans, la Bosnie Herzégovine doit évoluer dans la plus grande contradiction. Si la présidence collégiale avait pour but de lutter contre les tensions ethniques, la séparation du pays entre les Croates et les Musulmans d’un côté, et les Serbes de l’autre, entretient les antagonismes.

D’autant plus, que les deux grands partis politiques, le SNSD (Union des sociaux-démocrates indépendants) et le SDP (Parti social démocrate) s’opposent sur l’avenir de la Bosnie.

Des oppositions permanentes

Le SNSD a été reconduit le 3 octobre comme parti majoritaire du pays. Son leader, Mirolad Dodik, plaide violemment en faveur d’une séparation entre la partie Serbe, qu’il défend, et la minorité croato-musulmane de Bosnie. De l’autre côté, le SDP affiche sa vision multi-ethnique du pays avec un pouvoir central fort.

Hors l’absence d’une gouvernance cohérente et unie, la présence d’un haut représentant de l’ONU, Valentin Inzko, enfermant la Bosnie-Herzégovine sous tutelle, entrave le développement du territoire. Il lui est ainsi impossible d’aspirer à une adhésion à l’Union européenne.

Si ces dernières années des efforts ont été fournis, permettant à la Bosnie ainsi qu’à l’Albanie d’obtenir la levée prochaine de l’obligation de visas pour circuler dans l’espace Schengen, le pays continue à être en proie aux affrontements ethniques. Les déplacements de populations sont encore nombreux. D’après les accords de Dayton : “tous les réfugiés et personnes déplacées ont le droit de regagner librement leur foyer d’origine”. Ces mouvements de populations dans des zones où des ethnies sont prépondérantes entretiennent les tensions entre Serbes, Musulmans et Croates.

Sophie Noachovitch

La Bosnie représentative du climat régional

La Serbie veut ramener dans son giron la partie nord de Mitrovica, ville située à la frontière entre la Serbie et le Kosovo, indépendant depuis février 2008. Les tensions inter-ethniques sont quotidiennes dans cette ville à tel point que Mitrovica est surnommée la ”Berlin des Balkans”. Divisée entre Serbes et Albanais, les habitants connaissent régulièrement des heurts entre les deux ethnies. Agressions de Serbes, manifestations et violences lors de l’implantations de maisons albanaises dans la partie Serbe, ne sont pas isolées.
En Croatie, c’est la minorité serbe qui pose problème. Représentant environ 4 % de la population, les Serbes de Croatie aspirent à un retour en Serbie.
Les divisions territoriales issues notamment des accords de Dayton ont toujours un impact très important sur la région. Incapables de se mettre d’accord sur les moyens d’intégrer leurs minorités, les gouvernements de ces pays ne parviennent pas à mener une politique leur permettant de se sortir de l’impasse. Impasse que la crise économique est venue accentuer depuis 2008.

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