Ivan le terrible entre hooliganisme, nationalisme et alcoolisme

Publié: 21 octobre 2010 dans Hooliganisme, Hooliganisme en Serbie

Ivan Bogdanov, chef de file des ultras de l’Etoile Rouge de Belgrade est emprisonné en Italie depuis le match du 12 octobre. Certains veulent faire de lui le leader d’un mouvement ultra-nationaliste. Il semblerait pourtant que ce colosse ne soit rien de plus qu’un hooligan alcoolisé.

Le crâne rasé, la silhouette imposante et le torse recouvert de tatouage. C’est ainsi que la presse italienne a découvert celui qu’elle n’a pas tardé à surnommer « la bête ». Ivan Bogdanov a été arrêté par la police sur le parking du stade Marassi de Gênes, dans la nuit du match Italie-Serbie. L’homme est accusé d’être le chef de file du groupe d’ultras responsable des violences lors du match du 12 octobre dernier. Difficile en effet, à la vue d’un tel géant de le prendre pour un intellectuel.

Ce qui a causé l’ire de ce colosse ? Le gardien actuel du club de l’Etoile Rouge de Belgrade, Vladimir Stojkovic, également sélectionné dans l’équipe nationale a commis l’erreur irréparable de quitter le club au profit du concurrent, le Partizan de Belgrade. Une « trahison » pour les supporters, et surtout, l’occasion rêvée pour les hooligans de casser du stade. Ce qu’ils ont fait le 12 octobre dernier.

Le fait est que le groupe d’ultras de l’Etoile Rouge de Belgrade a servi de base pour recruter des combattants paramilitaires, par l’intermédiaire de son président Arkan, assassiné en 2000. D’aucuns ont donc vu à travers les violences de la semaine passée, l’expression d’un ultra-nationalisme serbe encore vivace ou la volonté d’exprimer, à travers le sport, des convictions politiques d’extrême droite.

De sa prison, le colosse admet les faits. Les violences «constituaient une protestation contre la Fédération serbe de football, mais aussi contre Vladimir Stojkovic (le gardien ndrl) », a-t-il déclaré, par la voix de son avocat. Et le supporter de faire profil bas en présentant ses excuses « à l’Italie et aux Italiens. Nous n’avions jamais envisagé de créer des problèmes à l’Italie qui est un pays qui me plaît beaucoup ». Encore un peu et on dresserait une auréole au dessus de son crâne rasé. L’homme dément même être un membre des Tigres d’Arkan : « Je suis nationaliste comme tous les Serbes, mais je ne suis pas un Tigre d’Arkan » a-t-il tenu à faire savoir, depuis la prison.

Alors, ultra-nationaliste, hooliganisme forcené ou expression d’un véritable malaise et d’une crise d’identité nationale ? Difficile à dire. Mais il serait trop rapide de faire d’Ivan Bogdanov un symbole. Il reste un hooligan comme les autres, ultra violent, membre de partis néo-nazis sans pour autant avoir de conviction politique exacerbée. Ce qu’il avoue lui-même, à demi-mots : « Je suis allé trop loin, j’avais trop bu ». On tient peut-être là la source du problème.

Cerise Sudry-Le Dû

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