Quand hooliganisme et nationalisme vont de pair

Publié: 21 octobre 2010 dans Hooliganisme en Serbie

En Serbie, le hooliganisme est et a toujours été intimement lié au nationalisme, dont il est une des formes d’expression les plus violentes.

1389. C’est la date de la bataille du Kosovo, perdue par les Serbes face aux envahisseurs Ottomans, un événement qui marque le début du nationalisme serbe. C’est aussi l’un des tatouages d’Ivan Bogdanov, 30 ans, les bras recouverts d’inscriptions néonazis, leader des « Ultra boys », des hooligans serbes. Ces groupes, de plus en plus violents, comme en témoignent les événements de la rencontre Serbie-Italie, le 12 octobre dernier à Gênes, sont très largement infiltrés par les groupuscules nationalistes, voire néonazis.

Selon Patrick Mignon, sociologue du sport à l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP), le phénomène n’est pas neuf, mais n’a pas toujours été vrai. « À la naissance du hooliganisme, à la fin des années 70 au Royaume-Uni, c’était surtout de l’énervement. Et petit à petit, on a assisté à un investissement des groupuscules politiques, notamment d’extrême droite », explique-t-il.

Aujourd’hui en Serbie, le hooliganisme d’extrême droite est une réalité que personne ne peut nier. Obraz ou le mouvement 1389, autant de groupuscules, souvent liés à des branches radicales de l’église orthodoxe, infiltrés dans les milieux footballistiques. Mais pourquoi autant de groupuscules d’extrême droite ?

« Le hooliganisme valorise la notion de territoire, le patriotisme, la puissance. Il va de pair avec le nationaliste », affirme Patrick Mignon.

A tel point que rares aujourd’hui sont les groupes de hooligans investis par d’autres branches politiques. « On a vu des hooligans d’extrême gauche en Italie, durant les années de plomb, mais le phénomène a vite décliné. », ajoute le sociologue.

Depuis la chute du mur de Berlin, les hooligans sont majoritairement d’extrême droite et selon Patrick Mignon, le problème dépasse le cadre sportif depuis déjà longtemps. « Il suffit de voir les résultats électoraux. Souvent, ils sont soutenus par les forces politiques les plus extrêmes. Ce ne sont pas les idées qu’il faut interdire, elles ont toujours existé et existeront toujours, mais il faut empêcher les actes de violence.. »

Une perspective qui pourrait ajouter aux sanctions de l’UEFA, des sanctions du gouvernement.

Mélissa Boufigi

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