Dejan Stankovic, une carrière, trois nations

Publié: 22 octobre 2010 dans Sport et nationalisme, Sportifs nationalistes

Le 13 juin dernier, en Afrique du Sud, le Ghana battait la Serbie 1-0. Ce jour là, un homme est entré dans l’Histoire : Dejan Stankovic. Le capitaine de la sélection serbe est devenu le premier footballeur à disputer trois phases finales de Coupe du monde… sous trois maillots différents. Ce fait unique dans l’histoire du football est le résultat direct de l’instabilité politique qui règne dans les Balkans depuis plus de vingt ans.
Le jeune et talentueux Dejan Stankovic débute sa carrière en 1994 à l’Etoile Rouge de Belgrade. Son habileté balle au pied ne laisse pas les recruteurs insensibles. En particulier ceux de la Lazio de Rome, qu’il rejoint en 1998. La même année, il connaît sa première sélection avec l’équipe de Yougoslavie. Et quelques mois plus tard, en France, dispute sa première Coupe du monde en France, sous les couleurs yougoslaves.

Dejan Stankovic face au Ghana

Suite à l’éclatement de la République Fédérale, une multitude de petites fédérations de football voient le jour. Les joueurs d’ex-Yougoslavie doivent à présent choisir. Né à Belgrade, Stankovic opte naturellement pour l’équipe de Serbie-et-Monténégro, avec laquelle il participe à la Coupe du monde allemande de 2006.
Quelques jours après l’élimination de l’équipe nationale au premier tour, et suite à la proclamation d’indépendance du Monténégro, la fédération est dissoute faisant place à deux fédérations distinctes (celle de Serbie et celle du Monténégro).
C’est enfin avec le maillot serbe sur les épaules, le plus cher à son cœur, que Dejan Stankovic fait le déplacement en Afrique du Sud en 2010. « J’ai respecté tous les maillots que j’ai portés, précise le milieu de terrain, mais celui-là, c’est le maillot de la maison. Je sens la différence. Et tous les Serbes le sentent ».
Même s’il reste un cas extrême, l’exemple de Dejan Stankovic illustre bien l’importance de la nationalité dans les pays balkaniques. Ainsi Lorik Cana, ancien joueur du PSG et de l’OM, actuellement en Turquie, a suivi une trajectoire différente. Né dans l’actuel Kosovo (revendiqué par la Serbie mais majoritairement peuplé d’albanophones), mais ayant grandi en Suisse et en France, le joueur a préféré défendre les couleurs albanaises, preuve de l’attachement qu’il porte à ses racines.
En 2003, l’éclatement de la Yougoslavie place les footballeurs et autres sportifs de l’ex fédération face à un dilemme, contraints de choisir leurs nouvelles couleurs . Des choix de cœur, souvent, politiques, parfois, mais qui ont contribué à renforcer les nationalismes, toujours.

Jacques Brun

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