Un an après la mort de Brice Taton,pas grand chose n’a changé

Publié: 22 octobre 2010 dans Hooliganisme, Hooliganisme en Serbie

Il n’est même pas 22 heures, le 12 octobre dernier, à Gênes. L’arbitre de la rencontre Italie-Serbie, comptant pour les qualifications pour l’Euro 2012, arrête définitivement le match. Après seulement huit minutes de jeu, alors que le coup d’envoi avait déjà été donné avec quarante minutes de retard. En cause, plusieurs dizaines de supporteurs serbes violents, jetant des fumigènes sur la pelouse et décidés à en découdre avec les forces de l’ordre.

Philippe Maury était avec Brice Taton à belgrade lorsqu'ils ont été agressés. (DR)

Un déchainement de violence  qui rappelle de mauvais souvenirs à Philippe Maury. Il y a un peu plus d’un an, le 17 septembre, en fin d’après-midi, ce toulousain de 29 ans était attablé à la terrasse d’un café. Dans le centre-ville de Belgrade, juste avant d’assister au match de Ligue Europa Partizan-Toulouse. En compagnie de Brice Taton qui allait perdre la vie. « Nous avions conscience qu’il ne fallait pas trop se montrer, explique Philippe Maury, aujourd’hui président de l’association Brice Taton. C’est pour cela que nous nous étions mis à un endroit particulièrement fréquenté, sans signes ostentatoires. » Les quelques membres des Indians Tolosa, groupe de supporteurs du Toulouse football club, se sentaient en sécurité en quelque sorte. Jusqu’à ce qu’« une horde » se jette sur eux. « Je ne les ai pas vu arriver, j’ai vu les verres voler et j’ai juste eu le temps de me lever », se rappelle Philippe Maury qui ne sera que blessé dans l’affrontement. Brice Taton, assailli de coups, puis jeté du haut d’un muret haut de dix mètres, s’éteindra à l’hôpital de Belgrade après douze jours d’agonie.

L’obstacle de la corruption

Aujourd’hui, Philippe Maury attend la troisième partie du procès des quatorze prévenus, prévue du 8 au 10 novembre. « Mais deux personnes sont encore en cavale et nous pensons que ce sont les meneurs, qu’ils sont protégés », fait-il remarquer. Tout comme les prévenus qui bénéficient de soutiens de poids. « Ce sont des gens issus de familles peu fortunées et pourtant, ils ont des avocats de renom, explique-t-il. Il faut bien que quelqu’un les paye. »

Malgré tout, Philippe Maury ne doute pas un seul instant de l’envie de la Serbie d’éradiquer le fléau du hooliganisme. En témoigne, le soutien de l’opinion publique serbe à la famille et aux amis de Brice Taton. Et la volonté des témoins qui, « menacés au quotidien », ne se sont pas rétractés. Mais il souligne aussi les limites de l’État serbe. « Il y a une réelle volonté mais il faut aussi en avoir les moyens, précise-t-il. Le problème, c’est la corruption. Par exemple, les hooligans serbes sont connus et pourtant ils étaient au stade à Gênes alors qu’il faut des visas pour aller en Italie. » Il reste donc du travail pour éradiquer la violence dans les stades. Et l’association Brice Taton, créée pour recueillir des fonds afin d’aider la famille durant le procès, survivra au verdict et prendra part à ce combat.

Maxime Gayraud

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